L’artiste le plus célèbre de la Sécession viennoise ! Grand décorateur au succès précoce, celui qui déclare : « Plaire à beaucoup n’est pas une solution » incarnera bientôt la liberté la plus déconcertante de la création.
Au Salon d’Automne de 1905, quelques jeunes artistes font rugir la couleur, désormais détachée des impératifs de la description photographique… dans la lignée de Van Gogh ou de Gauguin, la souveraineté de la couleur s’impose à Paris en quelques coups de pinceaux.
De retour de Paris au début des années 1890, ce sont les peintres catalans Santiago Rusiñol et Ramon Casas qui lancent le terme de « moderniste ». Déliés de la tradition anecdotique et illustrative, ces jeunes artistes actifs à Barcelone ouvrent les yeux de toute une génération sur la modernité.
Peintre académique accompli au sortir de l’enfance, Pablo Picasso découvre et assimile très vite les multiples langages plastiques du post impressionnisme qui caractérisent la fin du XIXe siècle. L’éblouissement coloré, la froideur du bleu puis la douceur charnelle du rose se succèderont bientôt dans son œuvre pour réécrire toute l’histoire de la peinture.
Alors que l’on vient de découvrir à Berlin l’œuvre torturé d’Edvard Munch, le mal-être le plus profond des peintures d’Egon Schiele à Vienne, la révolte sociale et l’angoisse éclatent dans les œuvres de Kirchner, de Nolde, de Macke, de Mueller … La déformation expressive devient la clé d’une peinture à la fois exaltée et désespérée.
Travaillant en « cordée », Braque et Picasso, dans une commune admiration de l’œuvre de Cézanne, poursuivent une exploration du rapport entre le corps, les objets, et l’espace environnant. La conscience du temps mène alors à la fragmentation des formes, approchées sous des angles multiples…
La fascination pour le monde de la machine et les progrès de la technologie nourrit l’imaginaire de Fernand Léger. Sous une forme nouvelle, ses images au rythme précis développent en réalité un espace d’harmonie. Parallèlement, les futuristes italiens font l’apologie d’un monde dominé par le mouvement, l’élan et la vitesse…
Ainsi nommée par l’artiste lui-même, la « peinture métaphysique » semble à la fois emplie de souvenirs, ceux de l’Italie de la Renaissance, et porteuse d’un sourd malaise… dans ses villes désertées aux longues ombres portées, une poésie inquiète annonce la fin d’un monde.
A la veille de la Première Guerre mondiale, la peinture abandonne ses anciens repères et s’affranchit de toute nécessité descriptive. Dans un formidable retournement esthétique et intellectuel, l’art des images se détourne de tout spectacle identifiable et affiche une indépendance qui bouleversera l’histoire.