Musique Opéra le jeudi de 14h30 à 16h
SESSION 89 – MUSIQUE OPÉRA – JANVIER 2026 – AVRIL 2026

Voyage au cœur de l’opéra : dix rencontres pour comprendre, sentir et aimer l’art lyrique
Cycle de 10 conférences
par Julia Le Brun, Conférencière et critique musicale, spécialisée dans l’opéra.
Nous reprendrons cette année notre voyage au cœur de l’opéra et traverserons ses siècles d’histoire à travers quelques grands compositeurs, des voix marquantes et des mythes fondateurs. Chaque rencontre mêlera un bref éclairage historique et l’écoute commentée de nombreux extraits vidéos sous-titrés. L’objectif reste simple : donner des repères, éclairer ce que l’on entend et permettre à chacun d’entretenir une relation intime et naturelle avec cet art.
21 Musique & Opéra le jeudi de 14h30 à 16h
Salle Marc Boegner
27, rue de l’Annonciation 75016 Paris
Dates et thèmes
« La Callas » est certainement la plus célèbre des chanteuses d’opéra. Personnalité artistique unique, son timbre très personnel, son registre étendu et sa grande virtuosité lui ont permis d’aborder une gamme de rôles d’une rare variété. Mais Callas révolutionne avant tout le monde de l’opéra par ses talents de tragédienne, en en renforçant la dimension dramatique. Ses incarnations de Norma, Tosca, ou encore La Traviata, restent légendaires et des références absolues pour tout mélomane.
Autant adulée que décriée, la cantatrice restera tant par la réussite exceptionnelle de sa vie professionnelle que par sa vie privée mouvementée, l'icône même de la « diva ».
On réduit souvent Bizet à Carmen, alors que son œuvre montre un compositeur bien plus varié et plus sensible qu’on ne le croit. Nous écouterons Les Pêcheurs de perles, La Jolie Fille de Perth, Djamileh, la lumineuse Symphonie en ut, ainsi que quelques pages de piano rarement jouées. L’idée est de retrouver Bizet dans son ensemble, à travers des extraits choisis, quelques repères simples et des anecdotes qui éclairent son parcours.
Le Second Empire consacra le temps de « L’Offenbachiade » : tout Paris vibrait au son des mélodies tantôt entraînantes tantôt nostalgiques. De La Vie Parisienne aux ébouriffantes parodies de l’Antiquité que sont La Belle Hélène et Orphée aux Enfers, Offenbach a laissé une œuvre jubilatoire mais où pointe bien souvent une tendresse et un romantisme qui s’épanouiront finalement dans Les Contes d’Hoffmann, son grand opéra fantastique dont le personnage principal de jeune poète romantique n’est pas sans rappeler le jeune violoncelliste allemand qui avait débarqué à Paris un beau jour de l’année 1833. Dans sa volonté de revivifier la tradition de l’opéra-comique, il ne savait pas encore qu’il serait à l’origine d’un tout nouveau genre lyrique : l’opéra bouffe.
L’opéra ne vit pas seulement à travers les voix. Ses ouvertures, préludes et interludes sont souvent de véritables portraits musicaux : ils installent un climat, annoncent un drame, ou nous laissent reprendre souffle entre deux scènes.
Nous écouterons quelques-unes de ces pages orchestrales qui ont marqué l’histoire du théâtre lyrique, de Mozart à Wagner, de Verdi à Puccini, en passant par Bizet ou Massenet.
L’objectif est simple : comprendre ce que ces moments racontent, pourquoi ils nous frappent immédiatement et comment ils donnent à l’opéra une profondeur que seules les voix ne suffiraient pas à créer.
Comme dans beaucoup de pays à partir de la seconde partie du XIXe siècle les compositeurs russes s’attachent à créer un opéra typiquement national, détaché de la tradition occidentale, des normes italiennes et allemandes encore dominantes. Ils puisent dans le fond musical folklorique et religieux pour créer une musique « authentiquement russe », par sa couleur harmonique ou la recherche d’un langage vocal proche des intonations de la langue russe. Des thèmes émergent, puisés dans la littérature, le fond légendaire et spirituel ou l’histoire nationale, témoignant d’une forte religiosité et mettent souvent en scène un peuple éprouvé, mais digne. Nous découvrirons ces caractéristiques à travers des extraits choisis, pour comprendre ce qui rend l’opéra russe si particulier et si profondément émouvant.
De Roméo et Juliette à Tristan, de La Bohème à Otello : à l'opéra, il est une chose que le spectateur attend toujours avec impatience : le grand duo d’amour. Tous les compositeurs d’opéra ont dû se soumettre à la tâche ardue de mettre en scène la passion, les élans amoureux, les coups de foudre, les actions de séduction de toutes sortes, les échanges de vœux, les « regards appuyés », voire les nuits de noces…
Orphée est l’un des tout premiers sujets de l’opéra. Monteverdi, puis Gluck un siècle et demi plus tard, s’en servent pour revenir à l’essentiel : raconter une histoire en musique, sans détour. Et c’est aussi une belle histoire d’amour, simple et directe, qui traverse les siècles.
Cette séance nous permettra de suivre ce même projet à deux époques différentes, et de voir comment un même mythe a servi de point de départ à deux moments clés de l’histoire de l’opéra.
Un bouffon protège sa fille comme la prunelle de ses yeux, mais le monde extérieur les rattrape. Une œuvre aussi humaine que bouleversante mérite bien une séance qui lui soit entièrement consacrée ! Car Rigoletto, d’après Victor Hugo, est un des sommets du théâtre musical.
À la fin du XIXᵉ siècle, certains compositeurs italiens choisissent de raconter la vie telle qu’elle est : amours brûlantes, jalousies, drames soudains, existences fragiles.
On parlera de Mascagni, Leoncavallo, Puccini et de cette manière toute italienne de saisir la vie dans sa crudité. Une esthétique directe, parfois brutale,où la voix porte la vérité des sentiments immédiats.
Amours désespérées, morts imminentes, espoirs déçus, œuvres anéanties, vies brisées, l'opéra soumet ses héros à des épreuves si extrêmes qu'un appel à la transcendance leur apparaît souvent comme l'ultime recours. Et jamais prières n'ont été si émouvantes que mises en musique par de grands compositeurs.
Une ultime séance tournée vers l’apaisement et l’élévation.